ANAC NEWS 11

Création de la compagnie aérienne du G5 SAHEL, une obligation de résultat pour

un défi majeur à l’échelon régional

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Au moment où les ministres des transports du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie, du Niger et du Tchad regroupés autour d’une nouvelle organisation communautaire appelée « G5 Sahel » ont clos leurs travaux avec l’adoption d’une feuille de route et la création d’un comité de pilotage, le vendredi 22 avril 2016, déclenchant ainsi le processus de la création d’une compagnie aérienne régionale, j’ose espérer que notre sous-région ouvre une nouvelle page de notre histoire.


La réunion des ministres du G5 Sahel à Ouagadougou est une réponse à l’appel à l’unisson des chefs d’Etat de nos pays respectifs du G5 Sahel en vue de renforcer les liens d’entraide et de complémentarité pour relever efficacement et de manière pérenne les défis qui s’imposent aux Etats du Sahel à travers entre autres la promotion du transport aérien.
L’écriture effective de cette nouvelle page devrait alors nous autoriser à témoigner d’une part de notre capacité à fédérer nos énergies pour réaliser l’intégration dans le domaine de transport aérien, d’autre part de notre volonté de mettre l’intérêt supérieur de nos vaillantes populations au-dessus de tout, notamment des nationalismes sans lendemain et des stratégies monopolistes des capitaux étrangers.
De fait, si nous réussissions tel pari dans un secteur aussi important que celui du transport aérien, ce serait la coopération sud-sud qui en sortirait grandie. Dans le cas contraire, ce sont nos ambitions qui se réduiraient en une peau de chagrin et en désillusions.

Cependant, force est de reconnaître que la mise en œuvre de cette vision n’est pas une tâche aisée car, nous avons en- core en mémoire les nombreux échecs des tentatives de regroupement des Etats pour l’exploitation de services réguliers de transport aérien. En effet, de l’Est à l’Ouest et du Nord au Sud du continent noir, les rendez-vous  manqués  anciens et récents, sont encore vivaces dans la mémoire collective des décideurs et professionnels de l’aviation civile et sonnent comme une sorte de rappel aux cinq Etats plus que des déclarations d’intention. Ils devront éviter les sentiers battus et en- gager résolument des actions hardies et innovantes pour réussir une telle entre- prise dont leurs experts connaissent parfaitement les pièges.

On le voit donc, nous sommes à nouveau face à notre histoire. Aussi, voudrais-je lancer un appel pressant à tous les acteurs clés que sont : le Secrétariat du G5 Sahel, le Comité de Pilotage et la Réunion des Ministres en disant que nous avons de nouveau une belle opportunité de relever le pari d’une Afrique qui sait tirer les enseignements de ses échecs pour aller de l’avant. Oui, le pari d’une nouvelle Afrique qui sait renaître de ses cendres et qui gagne.

Nous avons l’obligation de ne pas faillir. Nous devrions relever le défi de créer cette  compagnie  aérienne  régionale en lui garantissant ses chances de fiabilité et de viabilité en transcendant certaines considérations plutôt handicapantes pour center l’essentiel de nos actions sur l’amélioration de la qualité de vie de nos populations, en terme d’un meilleur accès aux infrastructures et services de communication.

Car, en définitive, la rencontre de Ouagadougou, rencontre historique qui a officiellement porté sur les fonts baptismaux ce projet se veut donc une capitalisation des meilleures pratiques et de partage d’expérience pour nos Etats et pour les populations bénéficiaires.

Aussi, devrons-nous avec  abnégation et esprit pan-africaniste, qui anime sans nul doute individuellement et collectivement les Gouvernants et habitants de l’espace sahélien accompagner de nos intelligences, nos expertises et de nos prières la dynamique en cours pour le relèvement de ce grand défi.

Vive les Etats du G5 Sahel et vive l’intégration sud–sud !

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